Avoir un chien obéissant et bien dans ses pattes : la méthode positive

Mis à jour : juin 13





Vous rêvez d’un chien qui obéit au doigt et à l’œil ? Et en même temps vous recherchez une relation pleine de complicité ? La méthode positive est faite pour vous. Dans cet article, je vous donne une vision globale de ce qu’on entend par méthode positive. Je vous explique également comment réagir si votre chien a un comportement qui vous convient ou au contraire qui vous déplait. Enfin, je réponds aux questions et objections que j’entends le plus souvent concernant cette méthode d’éducation.

Que signifie méthode positive ?


Méthode coercitive VS positive

Cette expression d’éducation positive est utilisée pour exprimer un concept opposé à l’éducation traditionnelle basée sur des méthodes coercitives. Ces dernières utilisent généralement la force et la contrainte pour faire obéir l’animal. On ne peut pas dire que ces méthodes ne fonctionnent pas du point de vue de l’obéissance, mais à quel prix ? Pourquoi l’animal obéit-il ? Quel impact cela a sur le bien-être du chien et sur sa relation avec l’humain ?



Un animal qui obéit sous la contrainte perd peu à peu confiance en son humain car il ne comprend pas ce qu’il se passe. Il obéit par peur et pour éviter d’avoir mal uniquement. Prenons l’exemple d’un outil couramment utilisé : « le collier de rappel » souvent appelé collier d’éducation à tort. Avec ce collier, l’humain peut envoyer une décharge électrique au chien si ce dernier ne revient pas au rappel. Souvent, on peut faire précéder la décharge d’un bip pour prévenir le chien afin de lui laisser une dernière chance, c’est trop gentil…

Pourquoi le chien revient-il à votre avis ? Parce qu’il est content de revenir vers ses humains ou parce qu’il craint d’avoir mal ? Et imaginez-vous ce qui peut se passer dans la tête du chien la première fois qu’il reçoit la décharge ? Comment peut-il faire le lien entre « je ne suis pas revenu, je prends une décharge » ? A quel moment ce collier apprend quelque chose au chien ? D’autant que si le chien ne revient pas, ce n’est pas pour désobéir, mais parce qu’il est surement en train de faire quelque chose de plus intéressant à ses yeux. C’est une éducation basée sur la crainte. Bref, vous l’aurez compris, je ne cautionne pas ces méthodes et je ne les utilise pas, ni pour mes chiens, ni pour ceux de mes clients.


Renforcement positif et punition négative


Mais alors cela ne dit toujours pas ce qu’on entend par éducation positive. Le principe de base est le renforcement positif. C’est-à-dire que l’on va féliciter le chien chaque fois qu’il fait ce qu’on attend de lui. Au-delà d’une félicitation vocale, vous pouvez utiliser un renforçateur supplémentaire de type friandises, jouets, caresses… Par exemple, le chien reste calme lorsque quelqu’un sonne à la porte, je le félicite et le caresse.


En revanche, lorsque le chien fait quelque chose qu’il ne doit pas faire, soit on l’ignore, soit on lui retire quelque chose qui lui apporte satisfaction. C’est la punition négative. Par exemple, il tire sur sa laisse pour aller plus vite voir son copain : je m’arrête et fait demi-tour, il n’obtient pas ce qu’il souhaite.


Pour éviter de punir le chien, il faut tout faire pour ne pas le mettre en difficulté, c’est-à-dire qu’il faut parfois adapter l’environnement le temps de l’apprentissage. Par exemple si vous ne voulez pas qu’il monte à l’étage de la maison, mettez une barrière en bas de l’escalier. Vous pourrez certainement la retirer après quelques semaines et l’apprentissage de l’interdit ce sera fait naturellement et dans le calme.



Avec cette méthode, la réflexion du chien sur les bons et les mauvais comportements est encouragée. Il doit comprendre ce qui lui apporte ou non satisfaction. Pour cette raison nous pouvons réellement parler d’éducation. Une éducation dans laquelle le chien est complètement acteur de son apprentissage.


Les résultats de cette méthode peuvent être plus ou moins rapides, mais dans tous les cas ils sont durables. La relation avec le propriétaire de l’animal est plus saine et le chien est mieux dans ses pattounes. C’est une éducation basée sur la confiance.


Une vision plus large de l’éducation

Selon moi, ces principes de base sont intéressants mais je vois le concept d’éducation positive de manière plus globale.

Je considère qu’une éducation positive doit prendre en compte la nature même de l’animal. Il ne suffit pas de lui donner des friandises quand tout est correcte mais plutôt de le respecter en tant qu’être vivant et sensible. Tout d’abord respecter ses besoins fondamentaux et connaître ses codes de communication (je vous renvoie à l’article que j’ai écrit à ce sujet).


Mais aussi avoir une éducation cohérente pour que l’animal s’y retrouve et anticipe les évènements : quelque chose qui est interdit est toujours interdit et quelque chose qui est autorisé est toujours autorisé.

Vous créerez ainsi une relation saine et harmonieuse qui est la base de l’éducation positive.


Plus le chien est capable d’anticiper vos réactions, plus il aura confiance. Et plus il aura confiance en vous, plus il aura envie de vous faire plaisir. Plus rien ne sera réellement une contrainte et vous pourrez aisément vous passer de friandises.


La notion de compte bancaire de confiance


Laurence Bruder-Sergent, comportementaliste canin évoque la notion de compte bancaire de confiance. C’est une image que j’aime beaucoup. Imaginons que lorsque vous adoptez votre chien vous ouvrez un compte à la banque de la confiance. Au moment de l’adoption, ce compte peut être vide, déjà positif ou négatif en fonction des conditions de vie du chien avant vous.



Nous allons prendre l’exemple d’un chiot ayant grandi dans un bon élevage, habitué à l’homme et ayant reçu de bons traitements. Lorsque vous l’adoptez, il y a de forte chance pour que votre compte soit déjà en positif. A vous maintenant de l’alimenter. Chaque fois que vous faites quelque chose qui apporte de la joie à votre chiot, le compte augmente. En revanche, chaque fois que votre chiot ne vous comprend pas ou est malheureux à la suite d’une de vos actions, ce compte baisse. Vous comprenez le principe ?


Vous êtes content quand il a fait pipi dehors et vous lui montrez, le compte augmente. Vous le grondez quand il a fait pipi dedans durant votre absence, c’est incompréhensible pour le chien, votre compte baisse. L’idée est d’être le plus riche de confiance possible et pas juste de vous maintenir à flots.


Plus vous êtes riche (de confiance car ici l’argent ne sert à rien !), plus ce sera facile de lui faire accepter les contraintes de la vie comme de longues absences ou des soins vétérinaires douloureux. Mais vous pourrez aussi partager plus de choses avec votre animal car il acceptera de vous suivre dans de nombreuses situations. Il n’y a qu’à voir les chiens sur les planches de surf par exemple. Imaginez la confiance que l’animal doit avoir en son humain pour accepter de le suivre sur les vagues !






Tuco et moi avons souvent été félicités pour cette confiance mutuelle qui nous lie et c’est ma plus grande fierté ! Il me suit partout, me fait confiance même quand il a peur. Je l’encourage et il sait que je serai toujours là, qu’il peut compter sur moi. Grâce à ça, nous pouvons crapahuter et faire des randonnées vertigineuses. Je lui fais faire des parcours d’obstacles dans la nature, il marche sur des poutres étroites avec toujours un petit regard vers moi à la fin. Je ne manque pas de le féliciter à chaque fois, même après plusieurs années.




Avec quoi renforcer les bons comportements ?


Le premier facteur qui renforce un comportement acceptable c’est votre voix. Félicitez chaudement votre loulou pour chaque action que vous attendez de lui. Votre voix doit être enjouée et sympathique. Les animaux sont très sensibles aux intonations. On a parfois l’impression d’être ridicule mais ça passe vite lorsque l’on voit l’effet que cela produit. Ce renforçateur est le seul qu’il faudra toujours utiliser, même lorsque le chien aura intégré son apprentissage. Cela est nécessaire pour entretenir sa motivation.



Il est possible d’appuyer ce renforcement par d’autres éléments : les friandises, les caresses ou le jeu par exemple. Le fait d’utiliser un deuxième renforçateur permet d’accélérer l’apprentissage mais à condition de bien le choisir et de bien l’utiliser (article à venir).


Soyez attentif au langage corporel de votre animal, c’est lui qui vous indique s’il aime vos caresses, ce jouet ou cette friandise.

Il faudra aussi apprendre à renforcer au moment précis et rapidement. On dit qu’il faut féliciter le chien dans les 2 secondes maximum après la réalisation de l’action afin qu’il puisse faire le lien entre les deux.


Réponses aux questions et objections fréquentes sur cette méthode

« Je ne veux pas être obligé de toujours me balader avec des croquettes ! » ou « je ne veux pas utiliser les friandises car je ne veux pas que mon chien n’écoute que grâce à ça ! »


Très bien, vous n’êtes pas obligé d’utiliser la friandise comme renforçateur. Vous pouvez choisir autre chose comme un jouet ou des caresses si cela motive votre chien. Vous pouvez aussi choisir de n’utiliser que votre voix mais sachez juste que cela peut-être parfois un peu plus long et surtout cela ne fonctionnera correctement que si votre relation est suffisamment forte !



« Mon chien n’obéit qu’avec les friandises » ou « Si je n’ai pas de croquettes, je n’existe pas »

Effectivement, quand le renforçateur est mal utilisé, le chien risque de ne rien vouloir faire sans son salaire. Pour se passer de friandises, il y a trois choses importantes :


- Votre relation avec votre chien doit être plus forte que toutes les friandises du monde (confiance, complicité…)


- Lorsque vous félicitez votre chien, vous devez d’abord le féliciter par la voix avant de donner toute récompense


- Quand l’apprentissage est acquis, les récompenses doivent devenir aléatoires (mais pas les félicitations verbales qui doivent être systématiques). Vous ne donnez qu’une fois sur deux, puis une fois sur trois, en variant la fréquence. Il faut toujours en donner de temps en temps pour entretenir la motivation du chien mais de moins en moins souvent.


« Est-ce que j’ai le droit de punir mon chien s’il fait une bêtise ? »



Oui mais certaines conditions doivent être respectées :


- Est-ce que c’est réellement une bêtise pour le chien ? En effet, ce que l’on considère comme bêtise en tant qu’humain ne l’est pas forcément pour un chien. Parfois ils font les choses par opportunisme, par anxiété ou par ennui, mais dans tous les cas cela leur apporte un bénéfice et ils ne le font jamais contre nous. La vengeance est une notion purement humaine, et c’est un schéma de pensée trop complexe pour un chien.

Prenons l’exemple d’un chien qui détruit pendant votre absence, vous considérez qu’il a fait une bêtise n’est-ce pas ? Mais pour lui c’était un moyen pour s’apaiser car la solitude le rend anxieux. Il ne le fait pas exprès pour vous embêter. On ne peut pas punir un chien pour avoir fait en sorte de se sentir mieux. Il faudra au contraire faire preuve d’indulgence et travailler sur son anxiété.

- Un chien ne peut désobéir qu’à une règle qu’il connait. On ne peut donc pas punir un chien qui monte sur le canapé si on ne lui a jamais appris que c’était interdit. Il faut faire preuve de pédagogie durant la phase d’apprentissage. Si le chien monte, on le fait descendre calmement et on le félicite quand il est au sol. S’il vous saute dessus quand vous rentrez du travail, ignorez-le tant qu’il n’a pas les 4 pattes au sol, une fois que c’est le cas, félicitez-le. Le but est de lui apprendre ce qu’il doit faire pour remplacer le comportement que nous n’apprécions pas.

- Pour punir un chien, il est impératif qu’il soit pris en flagrant délit. C’est le même principe que pour la récompense qui doit intervenir dans les 2 secondes suivant l’action. Le chien n’a pas la mémoire de ces actes, il faut lui faire comprendre notre mécontentement sur le moment et pas plusieurs minutes ou plusieurs heures après.

- La punition ne doit jamais être violente. L’ignorance est d’ailleurs souvent la pire des punitions pour un chien. Crier soulage l’humain mais n’a en réalité aucun impact sur le chien si ce n’est vider votre compte bancaire de confiance extrêmement vite. Souvent un ton ferme, les yeux foncés suivis de cinq minutes d’une ignorance totale (même pas un regard) est déjà assez déstabilisant pour un chien.

« Peut-on dire NON au chien pour arrêter un comportement qui nous déplait ? »

C’est une vaste question et vous lirez tout et son contraire sur internet. Je ne prétends pas détenir la vérité mais je vais vous donner mon point de vue.


Personnellement je dis « non » à mes chiens pour qu’ils arrêtent un comportement qui me déplait. C’est un signal très pratique qu’ils ont parfaitement intégré.


Le tout c’est de ne pas le dire à tort et à travers et que cela ne devienne pas qu’un bruit de fond…



Il faut aussi que le chien ait fait l’apprentissage de ce mot. Il n’est pas né en connaissant la signification du « non ». Vous devez lui dire « non » au moment précis de son action en l’empêchant de continuer puis en le dirigeant vers une autre activité autorisée. Lorsqu’il arrête le comportement interdit, il faut le féliciter. Un « non » ne doit donc jamais être dit tout seul sans être suivi d’un « c’est bien » suite à l’arrêt du chien. Ainsi il apprendra la signification et se redirigera seul vers autre chose.


Imaginons qu’il aime s’attaquer à vos chaussures : au moment où vous le voyez se diriger pour la prendre, dites-lui « non » fermement mais sans crier. Proposez-lui une activité intéressante comme un jouet. Dès qu’il détourne son attention de la chaussure dites-lui « c’est bien ».



C’est un sujet passionnant et je pourrais en parler des heures mais je pense que vous avez eu suffisamment de lecture pour aujourd’hui.


Le plus important à retenir c’est que si vous voulez éduquer votre chien en respectant son bien-être et obtenir une obéissance sans faille, commencez par développer une relation de confiance, posez un cadre d’apprentissage strict et cohérent, et restez toujours dans la bienveillance.



Mon métier de comportementaliste canin est de vous guider vers cet objectif ! Donc, si vous avez des questions ou si vous voulez que je vous aide à mettre cela en place chez vous, n’hésitez pas à me contacter par mail via ce site ou par téléphone au 06.68.09.41.40. Je me mettrais à votre service avec le plus grand plaisir.



Vous pouvez aussi faire part de votre expérience dans les commentaires de ce post !

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Flavie Baranès

Guide des fleurs de bach pour chiens et

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